Au milieu de la cacophonie urbaine, la musique prend son sens de "bruit qui pense". Elle est donc reine, partout en Egypte. Radios, télés, magnétophones, calèches, voitures, felouques, même les charrettes des ânes, de partout s'égosillent des musiques à faire exploser les haut-parleurs. Reportage…
En Egypte, la musique est avant tout une musique d'essence populaire. La musique est dans la rue. Il suffit de circuler dans les quartiers populaires du Caire ou d'Alexandrie pour entendre ces mélopées aux longues phrases ondoyantes, ponctuées de vocalises grelottantes ou plaintives et qui s'éteignent soudain comme tuées par le silence. Sur les artistes d’aujourd’hui plane l'ombre inoubliable de la très célèbre chanteuse Om Koulthoum. Om Koulthoum, de son vrai nom Fatma Ibrahim, se produisit pour la première fois en 1922 sur une scène du Caire et obtint un triomphe. Sa renommée s'étendit bientôt à tout le monde arabe. Elle sera l'interprète de nombreux poètes qui écriront pour elle des chansons très populaires. Elle interprétera aussi plusieurs rôles au cinéma. Au cours de votre séjour, vous entendrez forcément sa voix inimitable s'échapper d'un poste de radio ou d'une télévision qui rediffuse un de ses concerts en noir et blanc. Une série télévisée, diffusée en 1999, a collé tous les Egyptiens devant leur petit écran au fil des semaines et 37 épisodes ! A sa mort, en 1975, son public lui fera de véritables obsèques nationales.
Le fond de la musique égyptienne est généralement assuré par une section instrumentale où se mêlent les sons du nây, la flûte, du tûd, le luth, et du târ, le tambourin. S'y joint parfois le roud, guitare dont s'accompagnent aussi certains chanteurs comme Mohamed Abdel Wahab ou l'inoubliable Farid El Atrach. Le rythme très marqué rappelle que la musique reste toujours très proche de la danse. Bien entendu, l'expression chorégraphique la plus populaire en Egypte demeure la danse du ventre.
Instruments de musique
Les Egyptiens ont le rythme dans la peau et au bout des doigts. Une darbouka et un dof vous tiendront en éveil une bonne partie de la nuit, ils suffisent à faire danser, chanter toute une assemblée jusqu'au petit matin. La rabbaba se rapproche de la viole. En bois, il en existe de deux sortes : celle à deux cordes du moughanni (le chanteur) et celle à une corde du chaer (le poète). L'orchestre de musique arabe classique, le takht, comprend généralement un oud, ancêtre du luth, un qanoun, qui appartient à la famille des cithares, et un nay, une flûte en roseau, instrument de prédilection des derviches tourneurs. Dans les années 1930, on y ajouta un violoncelle et une contrebasse.
La musique égyptienne, l'une des reines du monde arabe. La musique classique arabe proprement dite se constitua au XIXe siècle. Au début du XXe siècle, le khédive Ismaïl, assez festif, raffole du chanteur Abdu el-Hamouli qui chamboule les habitudes en mettant la musique à la portée du public. La "variété" fait son apparition. Les rythmes d'aujourd'hui sont loin de ceux d'hier. Il en est une qui reste dans le coeur de chacun : Oum Kalsoum, plus de 30 ans après sa mort.
La nouvelle génération
Les stars à la mode sont nombreux: Amr Diab qui fait partie des vénérables puisqu'il a déjà un tour de chant de plus de dix ans ; Mohammed Mounir qui est une figure emblématique de la Nubie dont il est originaire et qui vient d'être choisie par l'Unesco pour ses concerts au profit des oeuvres de l'organisation internationale. Une grande star, encore plus populaire est Hakim: plus âgé que les précédents, ses textes sont aimés par le peuple simple.
On ne peut oublier les autres stars : Hany Shaker, Mohammed Fouad, Mohammed Al-Helou, Medhat Saleh, Ghada Ragab, Hisham Abbass, Ihab Tewfik, Moustafa Amar, Assala, Khaled Selim. La superstar actuelle s'appelle Tamer Hosny, il joue aussi au cinéma.
Les chanteurs libanais sont également très appréciés en Egypte : Fayrouz bien sûr, mais aussi Georges Wassouf, Wael Kfoury, Nancy Agram, Ragheb Alama...
Natacha Atlas, Egyptienne d'origine marocaine, gagnante des Victoires de la musique française en 2000, se montre peu en Egypte. Au contraire, Latifa, la très célèbre chanteuse tunisienne, et Samira Saïd, la non moins connue chanteuse marocaine ont élu domicile au Caire, qu'elles adorent.
Opéra
La programmation culturelle de l'Opéra du Caire est riche. Tous les samedis, à 20h (d'octobre à mai) et à 21h (en septembre, juin), l'orchestre symphonique se produit dans la grande salle. Les tickets coûtent de 20 à 50 LE ! On peut les acheter à la dernière minute ; une tenue correcte (avec cravate) est exigée pour profiter des fauteuils d'orchestre ou du parterre. Des opéras et des ballets sont joués chaque année. Par ailleurs, des compositeurs égyptiens de jazz, de musique contemporaine et expérimentale se produisent aussi. Il y en a pour tous les goûts. Depuis 2003, renaissant de ses cendres, le vénérable Opéra Sayed Darwish d'Alexandrie a rouvert ses portes sur la rue Fouad. Gérée par l'Opéra du Caire, sa programmation est variée.
Musique classique
La création en musique classique est surtout représentée par le compositeur Omar Khairat. Sa musique est exceptionnelle : il trouve son inspiration dans les événements historiques. Il a composé de nombreuses musiques de film (site Internet : www.omarkhairat.tk). Sur son site, vous pouvez entendre des extraits de son répertoire, dont la très connue : Khali Balak min Aalak.